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ÉCOLE FRANÇAISE DE ROME
MÉLANGES
D'ARCHÉOLOGIE ET D'HISTOIRE
XXTF année. — 1906.
PAEIS
Libeaibie Thobik & Fils. A. FONTEMOING, successeur,
4, rue Le Goff.
EOME
SPITHOVER, Place d'Espagne.
334 ALEXANDRE VI ET SES ENFANTS
1483 (1) par lequel Rodrigue Borgia donnait deux tuteurs à son
fils Jean principalement, dit-il, parce que sa mère s'étant rema-
riée, ne peut plus s'occuper de ses affaires. Or nous savons que
certainement César est né du vivant du premier mari ; outre
notre bulle, c'est ce qu'affirment la lettre où Vorator de Fer-
rare plaisante sa légitimation, et les bulles de Sixte IV qui lui
permettent, quoique bâtard, fils d'un cardinal et d'une femme
mariée, d'obtenir des bénéfices. Si Jean était l'aîné de César,
de deux choses l'une: ou bien il serait né entre le mariage et
la naissance de son frère, ou bien il serait né avant le mariage.
Dans le premier cas il n'y avait aucune raison de lui donner
un traitement spécial et les tuteurs seraient nommés pour les
deux frères à la fois, non pas pour Jean seul. — Dans le se-
cond cas la même raison qui a fait donner à Jean des tuteurs
au moment du deuxième mariage de sa mère lui en aurait fait
donner dès le premier, et l'acte devrait être d'une dizaine d'an-
nées antérieur.
Pour résumer ces observations, que le nombre et la nature
des documents a pu rendre un peu embrouillées, nous regardons,
après la publication de la bulle du 19 septembre 1493, comme
un peu plus probables, malgré l'op)nion habituellement reçue
jusqu'ici, les hypothèses suivantes:
1°) Alexandre VI est bien un Borgia, à la fois par son
père et par sa mère.
2°) Vannozza a été mariée trois fois, et son premier mari
s'est appelé Dominique d'Arignano.j
3°) César Borgia, né en 1475: est l'aîné de Jean, qui a
dû par conséquent venir au monde len 1476 ou 1477.
Léonce Celier.
(1) Thuasne, loc. cit., p. VI, VII.
AUTOUR D'UN FRAGMENT
DE PHILIPPE DE SIDE
Le voisinage de textes divers dans les manuscrits constitue
un problème qui, sans pouvoir être toujours résolu, mérites-
pendant toujours d'être posé.
Daus un grand nombre de cas, qu'il s'agisse de l'ordre des
écrits d'un même auteur ou de la juxtaposition des ouvrages
d'auteurs différents, le parti pris logique ou chronologique, le
but scientifique, littéraire ou simplement commercial, qui ont
présidé à la confection du recueil, se distinguent au premier
coup d'œil. Le problème est aussitôt résolu que posé lorsqu'il
s'agit de recueils homogènes, tels que des anthologies morales,
des répertoires de XP'^etç ou témoignages patristiques, des re-
cueils techniques de médecine, de mathématiques, d'astrologie, etc.
des encyclopédies historiques, comme celles que nous présentent
le Parisinus grec 1711 ou le Vaticanus grec 163.
La question est plus complexe, mais aussi plus intéressante,
lorsqu'il s'agit de Miscellanea sans cohésion apparente. Assu-
rément certains recueils se sont constitués pour ainsi dire d'eux
mêmes, au hasard des reliures, mais plus souvent Thétéroclisme
apparent du contenu cache une communauté de provenance, ou
mieux encore un lien historique, qui sufl&t à justifier la réunion
des éléments composants.
Lorsque cette parenté cachée a été reconnue, il en résulte
parfois, pour l'étude philologique ou pour l'histoire littéraire des
textes, une contribution précieuse. La tradition d'un fragment
de Philippe de Side nous fournit à cet égard un exemple curieux.
336
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE S1DE
Le manuscrit d'Oxford Miscellaneus graecus 120 (= F. VI,
26) (1) et le manuscrit Parisimts Suppl. gr. 685 (2) présentent
l'un et l'autre le texte suivant:
Bodleian. Miscell. gr. 120 f ° 300.
1. 'I(7T£OV OTl Ô <blkl'K'K0Ç >
ô SiSSyjç iv tco eUo(jtw TO(AO)
tyjç yptCTLaviK-fiç iaxoptaç Xé-
v£i Sri éx-aTOV êtyj £tcoiy)<7£V ô
'A S au. £V to> rca parte igcù y- al
e^ep>^8v) - x.al w.srà à)0v0u<; ;
èy-aTOv v^povouç £Y VW ^tiav T ^ v i
vovaTy-a aÙToO x.al èy^vv/jcE.
Paris. Suppl. gr. 68B f ° 9.
1. <f?iki%TZOÇ, (Vô 2tf>Y)Ç £V
tco y.(i' t6[jl(j) <t?jç> jrpicma-
vtx.ri; l(7Topta<<;> "Xéy et ° Tt
p' £TY) è^Ot'OCrSV : ASà(X £V TCO
•rcapactetaw • x.al è)cpXy)0sU £7C0i-
Yjdev &Ma £T7i p' >cat lyvca
tv)V Eù'av x.at kyévvnGZ Kàïv
tov xa/ràpaTOV, x.al p-srà Tpta
tqv Kaïv, y-al (J.£Ta Tpta Ity)| * styi frbv'Apsl, *al peTa p' Ittq
tov v Ape>, y-at (AETà Tpiàx.ovTa t6v 27)0.
£ty} tov 2r,0 • TauTa £/. Tcapar
SoGECOÇ. [
2. * Eté pot Se cpacrlv auTOV
é^Ta £T*/) IpYacracrÔai iv tc.7)
7uapactelcrco *at àrco tïjç rcapa-
paG£CO; (X7U0 tOpaV TCpCùTYjV EX.EI-
vyiç t?|; */i(X£paç £toç copav eîctvjv j
Coxe a jugé que ces ligues n'avaiciut aucune importance (3).
Mais un fragment d'auteur perdu est presque toujours intéres-
(1) cf. Cramer, Anecdota Ooconiensià, IV, p. 246, 1. 10, ss.
(2) cf. A. Wirth, Ans orientalischen Chroniken, Frankfurt, 1894,
p. 208 ss.
(3) H. O. Coxe, Gatalogi codicum mss. bibliothecae Bodleianae,
(codd. graeci) Oxford, 1853, t. I, p. 691 j[=opd. miscell. 120, f. 300):
<< Quaedam nullius fere momenti de sitq animae, de Adamo in Pa-
radiso morante, etc.». ■ *
ir-
is (
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE
337
sant, sinon par ce qu'il contient, du moins par ce qu'on en peut
déduire et l'expérience vaut d'être faite quand il s'agit de Phi-
lippe de Side, dont l'œuvre considérable ne nous est connue que
par deux notices bibliographiques d'ailleurs différentes (1) et
par quelques autres fragments conservés dans un manuscrit
unique (2).
Remarquons tout d'abord que le manuscrit de Paris fournit
un texte très inférieur à celui du manuscrit d'Oxford. Non seu-
lement il omet le second alinéa mais il abrège maladroitement
le premier. Par là même, l'autorité des leçons divergentes qu'il
présente se trouve notablement amoindrie. Aussi nous semble-t-il
préférable d'admettre le texte du manuscrit Bodléien. Les va-
riantes du Parisinus ont d'ailleurs bien le caractère d'altérations ;
la mention du vingt-deuxième livre, plutôt que du vingtième,
peut s'expliquer par une réduplication du chiffre /.'compliqué
d'une modification postérieure du v! en (V (3), et d'autre part
le chiffre de cent années, qui sépareraient les naissances d'Abel
et de Seth, est dû certainement à une suggestion du contexte
précédent.
(1) Socratis Historia ecclesiastica, 1. VII, cap. 27; d'où dérive :
Nicephori Callisti Xanthopuli Historia ecdesiastica, 1. XIV, cap. 29.
Migne, P. G., t. 146, pp. 1152-56; et Photii Bibliotheca cod. 35. = Mi-
gne, P. G., t. 103 p. 68.
(2) Cod. Barocc, 142, XIV s. f. 216. Ces fragments ont été pu-
bliés en partie par H. Dodwell, Dissert, in Irenacum. Appendix, p. 488,
Oxford, 1689; en partie par C. de Boor, Neue Fragmente des Papias,
Hegesippus, und Pierius in bisher unbekannten Excerpten aus der
Kircliengeschichte der Philippus Sidetes, dans les Texte und Untersu-
cliungen publiés par 0. Gebhardt et A. Harnack, première série, t. V,
fasc. 2, 1889.
(3) Nous pouvons, à Fappui de cette interprétation, signaler une
erreur tout à fait semblable. On lit dans Cedrenus (Historiarum Com-
pendium, éd. Bekker, Bonn, 1838, 1. 1 p. 464, 1. 14): AtoKXvmavèç êpaatXeuasv
txy\ xp', alors qu'il est de toute évidence que l'auteur n'attribue à Dio-
clètien que 20 années de règne (cf. ibid., p. 472, 1. 1-2).
336
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE S1DE
Le manuscrit d'Oxford Miscellanens graecus 120 (= F. VI,
26) (1) eb le manuscrit Parislnus Suppl. gr. 685 (2) présentent
l'un et l'autre le texte suivant:
Paris. Suppl. gr. 685 f ° 9.
1. (frllnt-Koc, S'ô 2u5yj<; £V
TU x(V TO[XW <T7)Ç> yjlGTHZ-
vixvjç icrTopta<ç> Xéyet oti
p sty) etuoiticjev ? Â.Sà[x èv tô
•rcapocSetcrw ' xai èxfftY)6slç stcoi-
Yicrsv o&Xa sttq p' xai Eyvw
tyiv Euav xai èyévvyjde K#ïv
tov xaTapa.TOV, xai [/.exà Tpta
Itvj Tov'ApeX, xai [/.erà p' ettj
tov 2tfG.
Bodleian. Miscell. gr. 120 f° 300.
1. 'IffTEOV OTI Ô <I>tXl7UTCOÇ
Ô StSSvjÇ £V TW e&XOCJTCJ) t6(xcd
ttjç ^piGTtavixyj; IdToptaç >i-
vst ÔTt sxaTbv ettj èTcoiriaev 6
'ASàu. £V tco 7rapaoetaco /.al
£^£p>v7)0'n * xai [/-srà aMo.ûç
éxa/rov ^povouç lyvco Euav ttjv
yuvaixa aÙTOu xai Èyévv/)<7£
tov Kàtv, xai [/.exà Tpta èV/)
Tbv 5/ Àp£^, xai (xsTa xptàxovTa
Ity) tov 2tq8 ' TauTa ex 7uapa-
SoGEWÇ.
2. "ETEpoi Se cpaaiv aÙTOV
é-Turà £TV) IpyàaaG'Gai ev tw».
irapa^lcrw xai àrco tvjç rcapa-
pà(rea>; àîub copav TcpoiTYjv exei-
vyîç ttqç */i[/ipaç eoj; ôpav £XTY]V
£^7)07).
Coxe a jugé que ces lignes n'avaient aucune importance (3).
Mais un fragment d'auteur perdu est presque toujours intéres-.
(1) cf. Cramer, Anecdota Oxoniensia, IV, p. 246, 1. 10, ss. .
(2) cf. A. Wirth, Aus orientalischen Chroniken, Frankfurt, 1894,
p. 208 ss.
(3) H. O. Coxe, Gatalogi codicum \nss. bibliothecae Bodleianae,
(codd. graeci) Oxford, 1853, t. I, p. 691} (= cpd. raiscell. 120, f. 300):
« Quaedam nullius fere momenti de situ animae, de Adamo in Pa-
radiso morante, etc. ». \
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•EU";
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE 337
sant, sinon par ce qu'il contient, du moins par ce qu'on en peut
déduire et l'expérience vaut d'êtïe faite quand il s'agit de Phi-
lippe de Side, dont l'œuvre considérable ne nous est connue que
par deux notices bibliographiques d'ailleurs différentes (1) et
par quelques autres fragments conservés dans un manuscrit
unique (2).
Remarquons tout d'abord que le manuscrit de Paris fournit
un texte très inférieur à celui du manuscrit d'Oxford. Non seu-
lement il omet le second alinéa mais il abrège maladroitement
le premier. Par là même, l'autorité des leçons divergentes qu'il
présente se trouve notablement amoindrie. Aussi nous semble-t-il
préférable d'admettre le texte du manuscrit Bodléien. Les va-
riantes du Parisinus ont d'ailleurs bien le caractère d'altérations ;
la mention du vingt-deuxième livre, plutôt que du vingtième,
peut s'expliquer par une réduplication du chiffre /-'compliqué
d'une modification postérieure du x r en P' (3), et d'autre part
le chiffre de cent années, qui sépareraient les naissances d'Abei
et de Seth, est dû certainement à une suggestion du contexte
précédent.
(1) Socratis Historia ecclesiastica, 1. VII, cap. 27; d'où dérive:
Nicephori Callisti Xanthopuli Historia ecclesiastica, 1. XIV, cap. 29.
Aligne, P. G., t. 146, pp. 1152-56; et Photii Bibliotheca cod. 35. — Mi-
gne, P. G., t. 103 p. 68.
(2) Cod. Barocc, 142, XIV s. f. 216. Ces fragments ont été pu-
bliés en partie par H. Dodwell, Dissert, in Irenaeum. Appendix, p. 488,
Oxford, 1689; en partie par C. de Boor, Neue Fragmente des Papias,
Hegesippus, und Pierius in bisher unbekannten Excerpten aus der
Kirchengeschichie der Philippus Sidetes, dans les Texte und Untersu-
cliungen publiés par 0. Gebhardt et A. Haroack, première série, t. V,
fasc. 2, 1889.
(3) Nous pouvons, à l'appui de cette interprétation, signaler une
erreur tout à fait semblable. On lit dans Cedrenus (Historiarum Com-
pendimn, éd. Bekker, Bonn, 1838, 1. 1 p. 464, 1. 14): AtojcXviviavôç IpaaiXeuaev
ÊT7j *p', alors qu'il est de toute évidence que l'auteur n'attribue à Dio-
clétien que 20 années de règne (cf. ibid., p. 472, 1. 1-2).
338
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE
De même, l'absence du second alinéa dans le ms. Parisinus
ne constitue point une présomption contre l'authenticité de ces
lignes. C'est plutôt la nature même du texte qui pourrait soulever
quelques doutes. Certes son contenu .se laisse ramener sans diffi-
culté à des sources connues; en effet, tandis que la durée du
séjour au Paradis avant la faute correspond aux chiffres de la
Petite Genèse (1), la durée du séjour après la faute est empruntée
au cycle de la Caverne des Trésors (2). D'autre part, le lien qui
rattacherait le second alinéa au premier se conçoit sans peine :
en même temps que la chronologie à laquelle il se ralliait,
Philippe de Side a pu mentionner une chronologie différente.
Toutefois ne serait il pas tout aussi aisé d'imaginer que le
second alinéa émane de V auteur de F extrait, qui, après avoir
consigué l'opinion de Philippe de Side, lui opposait une chro-
nologie différente puisée à une autre source? Et la syntaxe
particulièrement défectueuse du passage ne semblerait-elle pas
confirmer cette attribution?
Mieux vaut donc, pour le moment, réserver la question et
concentrer nos recherches sur le premier alinéa, qu'une men-
tion explicite attribue à Philippe de Side.
Il ne faut point examiner le texte de très près pour recon-
naître que l'auteur traitait l'histoire des premiers hommes d'après
les traditions apocryphes. La source d'après laquelle il fait résider
Adam dans le Paradis terrestre pendant cent années se reconnaît
à première vue. Elle n'est autre que le flfoç-'AXàjA, tel que~nous
le trouvons dans Georges le Syncelle, c'est-à-dire dansPanodore(3).
;
(3) Georgii Syncelli, Chronographia, éd. Niebuhr. Bonn, 1829, p. 14
1. 7, SS. (I» twv Xe7TTwv -fevs'rîEwç") e7ronr)ae ôè ô 'Aôàp. Iv t(j> irapaôeiow ipôojy.àôa
fi(S.EproV TpiaxOffttoV E^îCOVTa 7TSVT6.
(2) Cari Bezold, Die Schatzhôhle aus dem syrischen Texte uébersetz
und mit Anmerlcungen verse/ie??. Leipzig,? 1883, p. 6-7.
(3) Georgii Syncelli, Chronographia} éd. Niebuhr, p. 8, 1. 22: tyi
svsvTiîcoaTTj r.pÂpq. . . . xauTa l'A. tou pîou XefoiAsvjou 'AôàfAj cf. ibid., p. 14.
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE 339
Par contre les détails relatifs à la chronologie des fils d'Adam
ne semblent pas pouvoir être ramenés à la même origine. Ils
n'apparaissent ni clans la version éthiopienne, qui est de toutes
la plus autorisée (1), ni dans V Apocalypse de Moïse, qui n'est,
il est vrai, qu'un dérivé lointain du texte original (2), ni dans
la traduction syriaque (3), ni dans aucun des nombreux dérivés
slaves auxquels M. Jagic a consacré une magistrale étude (4).
Non plus qu'à la Genèse canonique, ils ne se laissent ramener
à la Petite Genèse ou Livre des JuMUcs, dont le système chro-
nologique est différent de tous points (5). Nous sommes donc
autorisés à conclure que Philippe de Side a complété le pîo;
'ASà|i. par un apocryphe aujourd'hui perdu ou qu'il connaissait
le ptoç 'A&af/- sous une forme qui ne nous est point par-
venue.
Plus encore que par ses sources, ce petit texte doit nous
intéresser par sa provenance et sa tradition.
Remarquons aussitôt que son sort semble lié à celui d'une
petite chronique canonique encore peu connue, qui le précède
(1) A. Dillinann, Das christliche Adambuch. Jahrbucher der bi-
blischen Wissenschaft, 1853, pp. 1-144; et Mal an, Boolc of Adam and
Eve. London, 1882.
(2) Tischendorf, Apocalypses apocryphae. Leipzig, 1886, pp. 1-23.
(3) Cf. E. Renan, Testament de notre premier père Adam. Journal
asiatique, 5 e série, A. II, p. 427 ss., et Cari Bezold, Die Schatzliohle
aus dem syrischen Texte dreier inedirten Handschriften ins Deutsche
ùebersetzt und mit Anmerlcungen versehen. Leipzig, 1883.
(4) Denkschriften der kaiserl. Akademie der Wissenschaften zu
"Wien. Philosophisch-historische Klasse, 1893.
(5) Kufalë sive Liber Jubilaeorum, qui idem a Graecis h Xwh 7s-
veaiç inscribitur, aethiopice edidit A. Dillmann, Kiel-London, 1859. —
Rônsch, Das Buch der Jubilaeen. Leipzig, 1874. — Cf. Georgii Syn-
celli, Chronographia, p. 13, 1. 16 - p. 15, 1. 10. — H. Gelzer, Sextus
Jidius Africanus und die byzantinische Chrono graphie. Leipzig, 1880-
1885, et 1898, t. II, p. 254 et ss.
340
AUTOUR D'UN FRAGMENT UE PHILIPPE DE SIDE
dans le ms. d'Oxford (1) et qui est écrite de la même main (2).
Si nous ajoutons que la même chronique apparaît également
dans le seul manuscrit qui contienne d'autres fragments de Phi-
lippe de Side (3), on se convaincra aisément que ce rapproche-
ment n'est point fortuit.
La chronique que nous vqnons de mentionuer existe à notre
connaissance dans quatre manuscrits: dans le Bodleianus miscél-
laneus graecus 120, auquel nous empruntons le texte, point de
départ de nos déductions (4), dans le Baroccianus 142, qui con-
tient, les fragments de Philippe de Side publiés par Dodwell et
de Boor (5), dans le Baroccianus graecus 25 (6), et dans le Pa-
ri sinus graecus 1301 (7). *
Cet opuscule portait primitivement le titre: 'Ex. tûv èxx.)or)-
<jca<jTix.wv laropitov (juvra^ic àxpifWjç (8). Il présente une série
d'extraits empruntés aux textes historiques et canoniques et
tendant à établir que, dans la suite des temps, la consécration
rituelle des évoques a été considérée comme valable, même
lorsqu'elle avait été effectuée au détriment d'un évoque légitime-
ment consacré et injustement dépossédé. L'auteur, qui mentionne
(1) Le ms. Parisinus suppl.! gr. 685 est évidemment hors de cause.
Comme la plupart des mss. de Minoïde Minas, il se compose d'éléments
sans cohésion, fragments de provenances diverses ou copies effectuées
au hasard des lectures. Le feuillet qui pi-èsente notre petit texte pro-
vient d'un manuscrit du XV e siècle.
(2) Ms. Bodl. mise. 120, ff. 289-300. ;
(3) Ms. Barocc, 142, cf. supra.
(4) XV e s., ff. 289-300.
(5) XIV e s., ff 270 ss. |
(6) XIV» s., ff. 233-243.
(7) XIV e s., ff 81-86.
(8) Tel est le titre dans les mss. Bodl. mise. 120 et Barocc. 142.
Le titre manque dans le ms. Barocc. 25 ; dans le ms. Paris. 1301, il
est. altéré comme suit: auvayMfirj ajvrouo; ?fàvu àvorpcaiOTàTT) sx. twv irpaxTi-
îowv twi à-yîwv auvdôwv ouXXsfsîaa to; h rûira» éiriaroX^ç xai auvTeOsTaa tràvu
joaXcSç x,at àx.ptpw<;. \
31
i
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE 341
régulièrement, après chaque extrait, la source d'où il est tiré,
cite successivement: l'histoire ecclésiastique de Théodoret, l'his-
toire ecclésiastique de Socrate, la lettre du pape Célestin à Nés-
torios, la chronique de Zonaras, la lettre du pape Léon à l'em-
pereur Marcien, les actes du deuxième concile œcuménique, la vie
de saint Sabas, la vie de saint Athanase, le Synaxaire de saint Ma-
xime de Jérusalem, la lettre de saint Athanase à Rufîn, la lettre de
Théodore le Srudite" à Nicéphore, patriarche de CP., la vie de
Théodore le Stndite et ses lettres, le deuxième livre de saint
Nicon, une lettre de saint Méthode, la chronique de Nicétas
Choniate, etc.
L'opuscule est conçu sous forme de réponse à une consul-
tation, comme le prouve le début: 'ErceiSï) 7cpoc£TaÇaç fyîv, w tou
GeoO ocvQpco7ùe, Tuspi twv t(7Topuov SiaXafteiv twv xarà W<popou;
xaipoùç xe^poTOVTfjBevTwv warpiap^ôv, twv rcapà xavovaç eîç tov
Opovov -ryjç warpiap^eiaç, sti ÇoSvtcov twv yvYjcricov warpiap^wv,
kTzéaxu^ xyj Tupodrà^st t?U gtjç ti(m6t7)to; . . . xtX. et comme le
prouve également la fin: odli TaOra jyiv dbréffTaXxa tyj gtj
eù^aPsta, ex. woXXcôv ôXiya kizl fAVYJpK <pép<ov ■ cù Ss ex toutcov,
o)ç ayav aoçwTaxoç, k-Kik6*fï)<j<x.i ri (juyyevyj xat àxôlouOa • SiSou
yàp ao<pw àcpopp.Tiv xai crocpojTepoç earat.
Le texte semble complet dans le Bodl. mise. 120 et le
Barocc. 25; il est altéré et incomplet dans leParis.gr. 1301;
il est abrégé et incomplet du début dans le Barocc. 142. C'est
d'après ce dernier manuscrit que le controversiste Hody a publié
l'opuscule, dans un but de polémique (1).
On aura remarqué, d'après ce que nous venons d'exposer,
que l'auteur de ces extraits historico- canoniques se place néces-
(1) Anglicani novi schismatis redargutio seu tractatas ex historiis
ecclesiasticis quo ostenditur episcopos, iniuste licet depositos, orthodoxi
successoris communionem numquam refugisse, graece et latine ex
cod. mss. editore Htjmfredo Hody, SS. T. B. Coll. Wadh. in Acad.
Oxon. Soc. Oxonii e Theatro Sheldoniano, an. Dom. MDOXCI.
342
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE S1DE
saireraent dans la seconde moitié du XIII e siècle, ou au début
du quatorzième. D'une part il cite Nicétas Choniate qui vivait
au début du XIII e siècle et d'autre part notre petit traité ap-
paraît dans deux manuscrits du XIV e siècle. Si, dans cet inter-
valle, nous cherchons une personnalité dont l'activité corresponde
à ce genre de production, nous ne trouvons guère que Nicéphore
Kallistos Xanthopoulos.
D'ailleurs l'attribution de ces extraits historico-canoniques à
Nicéphore Kallistos Xanthopoulos ne se laisse point déduire seu-
lement d'une comparaison de dates, elle s'autorise en outre d'une
circonstance plus significative. En effet, l'un des manuscrits qui
contiennent les extraits canoniques en questiou, le Barocc. 142,
(le manuscrit même d'après lequel l'opuscule a été publié), porte,
sur toute sou étendue, la marque do Nicéphore Kallistos Xan-
thopoulos. Il contient ff. 1-153 l'histoire ecclésiastique de Sozo-
mène, avec tables des matières par Nicéphore Kallistos Xantho-
poulos; ff. 154-202 l'histoire ecclésiastique d'Evagrius, selon la
tradition de Xanthopoulos, avec table des matières constituée
par celui-ci (1); ff. 205-212 des extraits de Josèphe jxttto cpomjç
Ni*y)<p6pou KaMicnroo EavOoftotoou ; ff. 212-216 ^uvay^ Lsto-
pttov... oc7vb cpcovTjç Ntx7)(p6pou;Ka"XXt(7TO'j Eav0o7roi>lou ; ff. 225-236
Extraits de l'histoire ecclésiastique de Théodoret kizo cpojvyjç
Ntx.Y)(p6pou KocUtaTOu SavOo-rcouXou ; ff, 236-243 Extraits de l'his-
toire ecclésiastique de Théodore le Lecteur, àizb cpcovïjç Niavîcpopôu.
KvXkiçTov Sav0o7cou>.ou, etc., etc.
(1) Cf. J. Bidez et L. Parmentier, l)e la place de Nicéphore Cal-
listos Xanthopoulos dans la tradition manuscrite d'Evagrius. Eevue
de l'Instruction publique en Belgique, t. 40 (1897), p. 161-176. Les au-
teurs de cette pénétrante étude concluent que le m s. Barocc. 142 est
celui-là même dont se servit Nicéphore, jpour la rédaction £e son His-
toire ecclésiastique. Ils estiment que ce manuscrit a été écrit au début
du XIV e siècle.
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE 343
Dès lors, il est au moins probable que Xanthopoulos, qui a
rérni la plupart des extraits que comporte le volume, fut éga-
lement l'auteur de l'anthologie canonique qui apparaît aux
ff. 270 et ss.
Après cette constatation, revenons à notre hypothèse initiale;
il nous sera désormais permis de la formuler d'une manière plus
précise : il y a un lien traditionnel entre notre fragment de Phi-
lippe de Side et Nicéphore Kallistos Xanthopoulos.
Ainsi posée la question s'éclaircit tout à coup. Rappelons
en effet que tous les autres fragments de Philippe de Side, ceux
qui furent publiés successivement par Dodwell et de Boor, pré-
sentent, eux aussi, avec Nicéphore Kallistos Xanthopoulos, un
lien traditionnel tout au moins apparent. Ne lit-on point à côté
de la rubrique (juvaywyy) i<7Topio>v... (1), etc., sous laquelle ils
sont rangés, l'indication marginale très explicite : <kizb çpcovirjç
Nt)cv)<popou KaXXtGTTOu Sav0o7couXou ?
On serait donc bien tenté de conclure que le sort du frag-
ment du Bodl. Miscell. 120 et le sort des fragments du Barocc.
142, étant également liés à la tradition d'œuvres diverses de
Xanthopoulos, la tradition de Philippe de Side n'est pas indé-
pendante de la tradition de Xanthopoulos.
Pour simple que soit cette proposition, il est impossible de
l'adopter avant d'avoir écarté une objection à laquelle le nom
de celui qui l'a émise donne un grand poids. En effet G. de Boor,
qui a publié les extraits de Philippe de Side contenus dans le
Barocc. 142, tient pour non avenue la note marginale qui les
rattache à Nicéphore Kallistos Xanthopoulos (2). Cette note mar-
(1) Fol. 212, du ms. Barocc. 142.
(2) Cf. C. de Boor, Zur Kentniss der Handschriften der gricchischen
Kirchenhistorilcern, Zeitschrift fur Kirchengeschichte, t. VI (1883-84),
p. 48(î; et Neue Fragmente de Papias, etc. (cf. supra), p. 168 et ss.
344
AUTOUR. D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE
ginale est, dit-il, de seconde main et ces fragments ne sauraient
provenir de Xanthopoulos, puisqu'en majeure partie ils apparais-
sent dans une compilation qui nous est parvenue (1) et qui, déjà
connue de Théophane, doit être bien antérieure à Xanthopoulos.
C'est de cette compilation, sans doute, qu'ils dérivent.
L'hypothèse de cette dérivation, est, comme la plupart des
hypothèses émises par C. de Boor, à la fois ingénieuse et at-
trayante. Mais nous n'hésiterons pas à déclarer qu'elle ne nous
satisfait pas ou du moins qu'elle ne peut plus nous satisfaire.
L'attribution des extraits de Philippe de Side à Xanthopoulos
n'est point nécessairement erronée parce qu'elle fut consignée
de seconde main dans le manuscrit Baroccien; d'autre part, de
ce qu'une partie de ces extraits se retrouvent dans une autre
compilation, il ne s'en suit pas inéluctablement qu'ils remontent
à cette compilation même; utilisés d'une part par la source
commune des Excerpta Parisina et des Excerpta Barocciana,
ils ont pu l'être également et d'une manière tout-à-fait indé-
pendante par la source de Xanthopoulos (2).
Enfin, si l'attribution à Xanthopoulos pouvait être écartée
aisément, lorsqu'elle n'était garantie que par une note marginale
suspecte, elle ne peut plus l'être aujourd'hui de la même ma-
nière, puisque la tradition d'un fragment du même auteur,
(1) C'est de cette compilation que dérivent a) les Excerpta Pa-
risiensia ou 'Ey.Xo-yoù àirô xvjç £%%\d GiaGny.vïç tcToptaç publiés par Cramer,
Anecdoia Parisiensia, t. II, pp. 87-114; b) les extraits de Théodore le
Lecteur publiés par Valois d'après le ras. Marcianus 387; c) la série
d'extraits publiés par E. Miller, Bevuè Archéologique, t. XXVI, pp.
273 ss. et 396 ss. j
(2) De nombreux indices nous permettent de supposer que la
source de Nicéphore Kallistos Xanthopoulos représentait une tradi-
tion parallèle des Eœcerpia Parisina. s Parmi ces indices nous n'en
citerons qu'un seul, qui n'est certes point le moins significatif: les
Excerpta Parisina s'étendent jusqu'au jrègnede Phocas, qui est préci-
sément le terme réel, sinon apparent, de la chronique de Nicéphore.
i V
%
i\
AUTOUR I)'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE 345
conservé dans un manuscrit différent, fournit un indice de tout
point concordant avec cette note marginale.
Nous substituerons donc à la filiation imaginée par de Boor,
une autre hypothèse dont de Boor lui-même nous a fourni les
éléments.
Dans le manuscrit Baroccianus 142, qui, comme nous le
disions plus haut, porte la marque de Xanthopoulos et qui con-
tient divers fragments de Philippe de Side, C. de Boor a dé-
couvert une notice bibliographique dont il a aussitôt reconnu
et démontré l'importance (1). L'ouvrage qui s'y trouve décrit
est une chronique en deux volumes, traitant l'histoire ecclésias-
tique depuis l'origine du monde, (tout comme Philippe de Side),
et s'étendant jusqu'à Constantin Porphyrogenète. Cette chroni-
que, ainsi que l'a très justement démontré C. de Boor n'est
autre chose que la source principale de. Nicéphore Kallistos
Xanthopoulos.
Paraîtrons-nous bien audacieux en supposant que c'est à cet
ouvrage, analogue par son cadre à celui de Philippe de Side,
que Xanthopoulos a emprunté les extraits de cet auteur qu'il
nous a conservés? Non certes, d'autant que notre hypothèse se
trouve appuyée par l'histoire d'un texte absolument indépendant
de tous ceux auxquels nous avons fait allusion jusqu'ici et dont
le témoignage inattendu constitue en quelque sorte une contre
épreuve.
Une chronique en majeure partie inédite, qui se trouve con-
tenue dans le ras. Parisinus graecas 1712 et dont le texte de
Cédrénus n'est qu'une réplique, présente le passage suivant dont
(1) C. de Boor, Zur Kirchenhistorischen Litteratur. Byzantinische
Zeitschrift, t. V (1896), pp. 16-24.
346
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE
on remarquera l'accord parfait avec le fragment qui servit de
point de départ à nos déductions (t).
Parisinus 1712, f ° 19 v° = Ce-
drenus, 1. 1, p. 12, 1. 1. ss.
"Oti Ttvè; ex. rcapaSocEcoç
é/-aTov sttî tov 'A$à[A ev tw
TUapa&Êtffû) ffOLGl 7U£7COt7|>C£Vat •
ciXkoi o*s TptTTjv j/iv âpav %e-
•rcXàcrO.ai, ëx,TY)V Se 7uapap?jvat •
èvvàTTjv Se ex.(iepV?j<70at
>CrX.
Ibid. = Cedrenus, t. I,p. 12, 1.
19. ss.
... oV stcov Se eTurà touto
YevéffOai (b; twv 7cpe<j(}uTÉpcov
Ttvè; a7ue<p^vavTo.
Cod. Bodl. mise, graec. 120.
c tbikiizizoc, ô DiSSyjç Xéyei...
ÔTtéx-arov etv) £7ûoi7)ctsv ô 'ASàf/.
èv to) 7uapaSetc7to xal èÇep^Oy)
... Tauxa ex. 7uapaS6(7£a)(; .
"ETepot Se epaslv aùxbv eTurà Ity)
èpYaffacOai èv tw 7tapaSetGW xat
à7cb rrjç 7uxpa(ià<7ecoç àrco ôpav
7rpcoT7)V èxEtvTjç [ttj; ^[/.épaç] èwç
topav exTïjv è^e^X^Gy).
Le parallélisme entre les deux textes est manifeste et, si
leurs particularités respectives excluent l'hypothèse d'une déri-
vation directe, elles nous autorisent tout au moins à expliquer
ce parallélisme par une communauté de source.
Avant de tirer de ce fait aucune conclusion, rappelons la
valeur du témoignage: Parisinus 1712 = Cédrénus. Les travaux
(1) Le texte du Paris, suppl. gn 685 étant certainement altéré
en même temps qu'incomplet, nous nous contentons de reproduire le
texte du ms. d'Oxford. \
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE 347
de Grelzer (1), Patzig (2), Praechter (3), etc. (4), ont dès long-
temps établi que les textes communs à la chronique du ms. Pari-
sinus 1712 et à Cédrénus représentent un ouvrage reproduit
sans altérations appréciables par le ms. Parisinus 1712 et amal-
gamé par Cédrénus avec d'autres sources. Cette chronique n'est
qu'un représentant remanié de l'Epitomé B.
La question se pose donc de savoir si le texte que nous
venons de comparer avec le fragment de Philippe de Side re-
monte à l'Epitomé primitive, à la rédaction B, ou à la source
commune div Parisinus 1712 et de Cédrénus, source que nous
désignerons par la lettre tu.
En ce qui concerne l'appartenance de notre texte à l'Epi-
tomé primitive, la question est insoluble. En effet, si la présence
simultauée d'une même donnée dans les deux rédactions de l'Epi-
tomé permet de la faire remonter avec certitude au fonds pri-
mitif de celle-ci, au contraire l'absence d'une donnée quelconque
dans Tune ou l'autre rédaction n'autorise aucune conclusion.
D'autre part, notons que la rédaction B, dans sa forme pure,
nous est inconnue pour toute l'histoire ancienne. Nous devrons
donc nous borner à constater, par rapport à cette étape de la
(1) H. Gelzer, Sextus Julius Africaines und die byzantinische Chro-
nographie. Leipzig, 1880-98, t. II, pp. 357-384.
(2) E. Patzig, Léo Grammaticus und seine Sippe. Byz. Zeitschrift,
III (1894), pp. 470-497.
(3) K. Praechter, Die Romische Kaiser g eschichte bis auf Diokletian,
in cod. Par. 1712 und cod. Vatic. 103. Byz. Zeitschrift, V (1896),
pp. 484-537, et: Quellenkritische Studien zu Kedrenos. Sitzungsberichte
der philos-philol. und der histor. Classen der kgl. bayer. Àkad. der
"Wîss. 1897, p. 3-107 (rec. E. Patzig. Byz. Zeitschr. IX (1900) p. 204-212).
(4) Cf. S. Sestakov, L'anonyme du 7ns. Parisinus grec 1712 dans
les limites de la chronique de Théophane (russe). Zapiski de l'Univer-
sité de Kazan. 1897, mai-juin, pp. 1-38; Juillet-août, pp. 1-32. — La
partie de la chronique postérieure à Théophane a été éditée sous le
nom de Syméon Magister dans les Auctores post Theophan&m, éd.
Bekker, pp. 603-760.
Mélcmgcs d'Arch. et d'Hist. 1906.
24
348 AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE
tradition, que le passage dont nous recherchons l'origine n'est
guère compatible avec le genre des additions qui caractérisent
le travail du rédacteur B. Celles-ci, qui ont été dûment clas-
sifiées (1), sont de nature très différente.
Par contre le passage de la chronique du Parisinus 1712
rappelle assez exactement le genre de remaniements qui furent
l'œuvre de %. Voyons donc si % disposait d'une source d'histoire
sainte, qui pût lui fournir une donnée semblable à celle que nous
étudions.
La réponse est aisée et c'est encore une fois 0. de Boor qui
nous la fournit. En effet la chronique, source commune du Pari-
sinus 1712 et de Cédrénus, qui portait pour titre les deux vers:
o
'ÀpyTYJV (AEV 'A^àjO. ÊCÎ^EV pi'^OÇ )tal- TE^OÇ
TO 7û0p(pup0YéW7)T0V zbGzfôc, ttpOCTOÇ
s'étendait depuis la Création au second règne de Constantin Por-
phyrogenète. Elle est postérieure à l'Anonyme de de Boor, c'est-
à-dire à la chronique ecclésiastique dont le ms. Barocc. 142 nous
conserve la description et qui servit de source à Xanthopoulos.
C'est sans doute à l'Anonyme de de Boor qu'elle a puisé le pas-
sage, qui concorde si parfaitement avec le fragment que nous
faisions remonter, par l'intermédiaire de Xanthopoulos, à la même
source.
Voici donc que nous aboutissons par deux chemins paral-
lèles, par deux séries de déductions indépendantes, aux deux con-
clusions suivantes:
1. Tous les fragments de Philippe de Side qui nous sont
parvenus nous ont été conservés par l'intermédiaire de Nicc-
phore Kallistos Xanthopoulos. !
(1) Cf. E. Patzig, Léo Grarnmaticus und seine Sippe. Byz. Zeit-
schrift, III (1894), pp. 474-478. -
H'' '
AUTOUR D'UN FRAGMENT DE PHILIPPE DE SIDE 349
2. Nicéphore Kallistos Xanthopoulos ne cite ces extraits que
de seconde main. Il les tenait de l'Anonyme de de Boor.
Toutefois nous ne pouvons nous en tenir à ces seules con-
clusions générales. En même temps qu'un élément de contrôle
pour la tradition des fragments de Philippe de Side, le témoi-
gnage de tc nous fournit la clef d'un petit problème que nous
avions dès l'abord réservé. Il nous prouve que, malgré sa syn-
taxe suspecte, le second alinéa: erepot Xs . . . etc., du fragment
bodléien faisait corps avec le précédent. Le Parisinus 1712 et
Cédrénus, qui les mélangent, ne permettent aucun doute à cet
égard. Enfin, si nous constatons que, dans ce second alinéa, le
témoignage de Cédrénus et du Parisinus 1712 est de nature à
faire supprimer les mots tvjç r.pipaç, nous aurons sans doute
épuisé les déductions que comportaient nos matériaux et notre
recherche.
Paris, mai 1906.
D. Serruys.